DEUX BORDS

1993
Galerie des Archives
Paris (FR) (09.10-27.11)


La forme cylindrique de la sculpture résulte de la disposition verticale d’un ensemble de neuf anneaux de différents diamètres. Ils sont suspendus dans le vide, retenus au centre de l’espace par des câbles en acier ou par des sangles tendues aux murs de la salle d’exposition. Matériaux, dessins et assemblages les différencient : trois cercles en acier, quatre anneaux de formes complexes exécutés en résine moulée, huit matelas en mousse noire assemblés en rond avec des sangles, et une structure en plastique grise ventilée par un moteur logé à l’intérieur du boudin. Au toucher, on peut sentir l’air y circuler ; on entend un faible bourdonnement dû au souffle ; la sculpture vibre légèrement malgré la tension extrême de son système d’accrochage.
Les sangles et les câbles s’accrochent dans l’ossature des divers anneaux pour s’ancrer au plafond ou en périphérie dans les murs, ce qui rend son accostage compliqué et périlleux. Au contact de la sculpture, on aperçoit l’intérieur du volume entre les anneaux. Ils se superposent, enfermant un espace de six mètres de diamètre sur deux mètres quarante de haut environ. Deux bords semble flotter dans l’espace très paisible, immobile et inaccessible, en effet, aucun système d’accrochage n’est apparent en son centre puisque la sculpture est retenue par l’extérieur ; d’où son intitulé. Les sangles et câbles, visibles du spectateur, maintiennent la sculpture dans l’espace par le bord externe tandis que l’autre bord enferme un espace dérobé au monde extérieur : la masse opaque de la sculpture affranchie des contraintes de sa construction

By giving this sculpture the title Two Edges, I wanted to stress the quite simple fact that, in sculpture, what one sees is outside, in front of us, understandable from whatever side you happen to be on, whereas the other side, the one you cannot see, is inside the opaque mass of the sculpture. I like it when a sculpture cannot be walked through, and when it is yet there in front of the onlooker like an obstacle full of energy.
The cylindrical form of Two Edges stems from the vertical assembly of a series of nine circles of different sizes, different materials and drawings. The rings are suspended in mid-air, field in the centre of the space by steel cables, or by straps stretched to the four corners of the walls of the space containing them. Each ring should be seen as an independent part of a sculpture, which is added to the part situated above. The parts are differentiated by the materials with which they are made : resin, because it can be used to make round shapes, solid steel rings, black foam mattresses forming a circle, and last of all, the largest of them all is the one which is placed level with the onlooker’s chest, pushing him backwards. This is an aerated grey plastic structure (inside which a motor expels air so that the tube is being constantly inflated). If you touch the surface of the plastic, you can feel the air circulating, and a slight humming can be picked up, caused by the exhalation