SCHLÜTERSTRASSE, NEIGE

2002
Vidéo 6’’ 3‘


L’objectif de la caméra est dirigé sur la fenêtre close, rideaux désespérément tirés de l’homme que j’attends. Il neige beaucoup, la façade de l’immeuble disparaît presque derrière les flocons qui font écran entre moi, mon voisin d’en face, et le spectateur qui regarde le film. Insensiblement la neige tombe plus lentement, et s’arrête, simultanément, la façade que la chute de neige voilait reparaît, nette, au premier plan. Ma caméra était réglée en mode automatique, elle a fait le point sur la neige, lorsque la neige s’est arrêtée de tomber, le point s’est fixé sur l’arbre et sur la façade de l’immeuble. Cette vidéo très courte, aborde l’image du temps qui passe. La lumière et le climat variable à toutes les heures du jour donne une couleur provisoire aux choses et aux évènements. Je m’intéresse fondamentalement au temps que l’on met à traverser un espace, au montage d’une sculpture vers une autre et au temps qu’on s’accorde à voir.

The camera lens is trained on the closed window, curtains hopelessly drawn, of the man I am awaiting. It is snowing hard, the front of the building almost disappears behind the flakes that form a screen between me, my neighbour opposite and the viewer watching the film. Imperceptibly the snowfall eases off and stops, and at the same moment the frontage hidden behind the falling snow reappears clearly in the foreground. My camera was set to auto mode, it focussed on the snow, and when the snow stopped it focussed on the tree and on the front of the building. This very short video is about the image of passing time. The light and weather variations at different times of days puts a provisional colour on things and events. Basically I am interested in the time we take crossing a space, in the assembling of one sculpture towards another, and in the time we allow ourselves to see.