SMOKING & BRILLANTINE

2011
Acier
Dimensions variables


La sculpture se compose de vingt huit fragments de lignes sinueuses, convexes, concaves, et zigzagantes : des pieds en fer carré de trente par trente millimètres supportent un fer plat de quarante de large par quinze millimètres d’épaisseur. Chacun de ces morceaux est indépendant de l’autre par la couleur, la hauteur ; il n’y a aucune continuité linéaire entre eux.

Au début j’ai dessiné un ensemble de lignes divergentes qui devaient s’assembler toujours de la même façon en une sculpture dont la forme finale ne varierait jamais. Puis j’ai réalisé une maquette pour en fixer la hauteur, la largeur l’épaisseur et la couleur. L’idée de la sculpture naît chez moi avec la fabrication méthodique d’un ensemble de maquettes en carton : le découpage, le collage et la colorisation me permettent de voir la pièce en trois dimensions. Je voulais que cette sculpture garde un caractère aléatoire et non-fixé, qu’elle ne se fige pas en une forme prescrite par un plan de montage déterminé. J’ai commencé à dissocier les lignes jusqu’à démanteler entièrement l’ensemble : chacune des lignes du dessin, dont parfois je ne retenais qu’un fragment, est devenu un élément distinct auquel j’ai ajouté, en passant à l’échelle réelle, un support d’une hauteur spécifique et une couleur tranchée. Je voulais construire une pièce libérée des contraintes formelles usuelles de la sculpture et qui s’opposent aux sculptures précédentes Road Movie (2008) et Flying Colors (2010) qui s’assemblent « au millimètre » et dont le dessin impose une orientation précise dans l’espace. J’avais envie d’une sculpture en mouvement, un peu à la manière des morceaux de fils coupés qu’une couturière aurait laissés éparpillés sur une table après un démontage.

La maquette est essentielle dans ce cas comme elle l’est lorsque j’installe Olympia (2000, trois douzaines d’épingles agrandies à un mètre chacune) en vrac, elle me libère des contraintes du poids des matériaux. Smoking & Brillantine répète ce principe : On prend les éléments et on les fait se chevaucher les uns sur les autres sans chercher d’arrangement précis. Selon l’humeur et la place que l’on a, on les pose librement. Les pieds sont solidement soudés aux fers plats ainsi, on peut aussi les renverser tête en bas ou les coucher.

Notice

Court-circuit, par Philippe Alain Michaud